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Aujourd'hui, La Fourmi est au taquet.

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La Fourmi est parmi vous. Elle donne, le jour, des cours en lycée agricole ; elle retranscrit, la nuit, ce qu'elle a observé la journée. La Fourmi, est-ce l'un de vos professeurs...? La Fourmi se glisse dans les couloirs et les salles de votre lycée, d'où elle vous observe grandir, apprendre, vous ennuyer, mûrir, attendre, vous émouvoir, découvrir, vous amuser, traîner des pieds, désirer, vivre, sur les montagnes russes de votre adolescence.

Elle s'est levée trois fois cette nuit. Vous aussi, peut-être.

La première fois, à 1h30, La Fourmi est allée vérifier qu'elle n'avait pas perdu les clefs du lycée. Au même instant, vous vous tourniez et retourniez dans votre lit, ruminant l'ordre maternel de reprendre peu à peu le rythme de l'année scolaire. La Fourmi s'est recouchée, rassurée. Pas vous.

La deuxième fois, à 2h50, La Fourmi a été prise d'un doute sur la précision de son introduction à l'introduction de son cours de philosophie en Terminale STAV. Ne pas trop parler, ne pas se perdre dans les détails, ne pas les perdre, eux, insérer une anecdote, ne pas leur donner envie de sortir leur portable pour esquiver les efforts exigés par La Fourmi, être claire, synthétique, souriante, amusante, vive, vivante. Vous n'avez toujours pas, de votre côté, fermé les yeux ; vous avez déjà envoyé trois tweet pour manifester à l'ensemble du monde entier, soleil, lune et Pluton compris, votre dégoût de savoir votre belle vie finie. Le retour au lycée, avec les contraintes de l'internat, à l'horizon, juste devant, mardi prochain. Personne ne vous a répondu. Forcément, il est 2h50 du matin.

La troisième fois, La Fourmi, qui s'était rendormie, se réveille en sursaut, angoissée : elle vient de cauchemarder.
Elle, seule, ouvrant la bouche en vain dans un brouhaha si dense qu'on ne percevrait même pas s'il est question de vos vacances ; elle, seule, en équilibre instable sur son estrade, et le sol s'ouvrirait sous ses pieds, pour, au milieu du vacarme de l'indifférence, l'engloutir, sans un regard vers elle, seule, qui s'exténuerait à expliquer qu'elle a un projet pour vous, vous peu concernés, ce qui l'isolerait d'autant, elle, La Fourmi, petite et seule, pas même rehaussée par son estrade. « Prenez une feuille ! », hurle-t-elle, désespérée de son impuissance et réveillant ainsi, à 4h du matin, l'ensemble de son quartier. Vous, enfin, dormez à poings fermés.

La Fourmi a hâte de vous retrouver.

La fourmi

Aujourd'hui, La Fourmi est cinéphile.

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La Fourmi est parmi vous. Elle donne, le jour, des cours en lycée agricole ; elle retranscrit, la nuit, ce qu'elle a observé la journée. La Fourmi, est-ce l'un de vos professeurs...? La Fourmi se glisse dans les couloirs et les salles de votre lycée, d'où elle vous observe grandir, apprendre, vous ennuyer, mûrir, attendre, vous émouvoir, découvrir, vous amuser, traîner des pieds, désirer, vivre, sur les montagnes russes de votre adolescence.

Au moment des révisions, le lycée semble fantomatique sans les courses dans les couloirs, les cris, les couples derrière les colonnes...

  • Les bâtiments se font soudain ternes.
  • Se croisent, presque sans se voir, quatre groupes bien distincts : groupes de jury extérieurs perdus à la recherche de la machine à café ; groupes de candidats à des examens compulsant fébrilement fiches, cartes d'identité, listes de noms ; secrétaires affairées et débordées qui crient "bonjour'ourmipasl'temps'jourdhuipourlecafé" de l'autre bout du couloir avec gestes expressifs en direction de la première montre qui passe ; et les élèves de S dans la ligne droite vers le bac, mimant avec beaucoup d'adresse la scène finale d'A bout de souffle...

La Fourmi se met sur le côté pour les laisser passer.

La fourmi Vidéo

Aujourd'hui, La Fourmi est observée au microscope

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La Fourmi est parmi vous. Elle donne, le jour, des cours en lycée agricole ; elle retranscrit, la nuit, ce qu'elle a observé la journée. La Fourmi, est-ce l'un de vos professeurs...?

La Fourmi se glisse dans les couloirs et les salles de votre lycée, d'où elle vous observe grandir, apprendre, vous ennuyer, mûrir, attendre, vous émouvoir, découvrir, vous amuser, traîner des pieds, désirer, vivre, sur les montagnes russes de votre adolescence. 

Aujourd'hui, La Fourmi est observée au microscope.


  • Janvier. Il neige, il fait froid.
  • De retour de l'exploitation, on se réchauffe peu à peu.
  • La classe est silencieuse et paisible. Chacun est penché sur son livre. Une coccinelle n'oserait pas voler dans cette ambiance feutrée d'apaisante attention.
  • On prend le temps de bien comprendre le sens des mots.

  • La Fourmi se promène dans les rangs. Tout le monde semble avoir saisi que les personnages parlent de liberté. C'est bien. C'est fondamental.
  • Commençant à élaborer intérieurement la discussion existentielle sur laquelle déboucher, La Fourmi ouvre la bouche pour esquisser une question... quand son souffle même est interrompu par une exclamation, surprise et insolente à la fois, retentissant dans le silence :
  • "hé, vu d'ici, de dessous, le pull de la prof qui vient de passer, avec ses franges, on dirait vraiment le tapis de mon salon !"

  • Tout est question de point de vue, soupire La Fourmi face au jugement sans appel porté sur son pull péruvien en authentique poil de lama de la Cordillère des Andes.

« Une ville, une campagne, de loin est une ville ou une campagne. Mais à mesure qu'on s'en approche, ce sont des maisons, des arbres, des tuiles, des fenêtres, des herbes, des fourmis, des jambes de fourmis à l'infini. »

  • La Fourmi aime citer Blaise Pascal en contrepoint des vaches qui meuglent.

La fourmi

Aujourd'hui, La Fourmi est touchée coulée

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La Fourmi est parmi vous. Elle donne, le jour, des cours en lycée agricole ; elle retranscrit, la nuit, ce qu'elle a observé la journée. La Fourmi, est-ce l'un de vos professeurs...? La Fourmi se glisse dans les couloirs et les salles de votre lycée, d'où elle vous observe grandir, apprendre, vous ennuyer, mûrir, attendre, vous émouvoir, découvrir, vous amuser, traîner des pieds, désirer, vivre, sur les montagnes russes de votre adolescence. 

La Fourmi leur a dit de ne pas hésiter à passer dans sa classe pour faire de la publicité et attirer des jeunes lycéens à leur spectacle "Gaston Couté".
Les deux étudiantes d'ACSE ont choisi les Secondes Professionnelles Production Animale. Quand La Fourmi leur a demandé pourquoi, elles ont répondu se sentir concernées par ces jeunes-là, qu'elles étaient eux il y a quelques années, que le spectacle aborde leur monde, leur histoire, leur passé, dont elles voudraient les aider à s'emparer. Par la poésie.
La Fourmi leur a souri.
Elle a préparé leur venue, avec une séquence sur le poème ciblée : deux textes de chansons, des discussions sur le lien et la différence entre l'oralité et l'écriture, l'analyse des termes mélioratifs pour décrire le monde agricole... la lutte contre la misère dans les campagnes au dix-neuvième ; allons vérifier chez Verhaeren, On ne rencontre, au loin, qu'enclos rapiécés / Et chemins noirs de houille et de scories  / Et squelettes de métairies  / Et trains coupant soudain...

Les étudiantes toquent à la porte, à la minute précise qui a été fixée, juste après l'appel. La Fourmi leur laisse tout son espace (et au passage, intercepte négligemment une grille de bataille navale tout juste amorcée) : l'estrade, les stylos à tableau blanc, le bureau, le dictionnaire sur le devant.
En face, des élèves en attente, interloqués admiratifs, à mi-chemin entre deux attitudes : mouler son corps sur la chaise pour s'y balancer ; ou se redresser, se faire attentif, réceptif, surpris, accepter d'être touché. Désir de sourire pour se moquer, dans ce groupe peu solidaire dont le liant se tisse maladroitement en s'opposant à tout ce qui se hisse sur l'estrade ; et, en même temps, sans qu'aucun ne l'avoue, désir de se laisser emporter par la poésie de ces deux étudiantes qui, courageuses, sortent la guitare et se mettent à leur chanter, Je suis parti sans savoir où / Comme une graine qu'un vent fou / Enlève et transporte : / A la ville où je suis allé / J'ai langui comme un brin de blé / Dans la friche morte [...] / Je reviens, ayant rejeté / Mes noirs tourments de révolté / Mes haines de Jacques.


La Fourmi écoute planer ce délicat silence que deux étudiantes généreuses ont su créer.

La fourmi

Aujourd'hui, La Fourmi noue de solides amitiés interministérielles.

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La Fourmi est parmi vous. Elle donne, le jour, des cours en lycée agricole ; elle retranscrit, la nuit, ce qu'elle a observé la journée. La Fourmi, est-ce l'un de vos professeurs...? La Fourmi se glisse dans les couloirs et les salles de votre lycée, d'où elle vous observe grandir, apprendre, vous ennuyer, mûrir, attendre, vous émouvoir, découvrir, vous amuser, traîner des pieds, désirer, vivre, sur les montagnes russes de votre adolescence.


  • Elle est dans la file de la cantine derrière des professeurs de l'Education Nationale qui viennent de défendre un beau projet mené en Première, lors d'une rencontre régionale de lutte contre les discriminations. Dans la queue, en prenant son plateau, La Fourmi se dit que ça lui plaît, ces moments de partage d'expérience, avec des collègues qui ont la même façon qu'elle d'exercer leur métier : dans une naïveté sereine.
  • « Excellent ! C'est une première pour nous ! », s'exclament les représentantes de l'Autre Ministère en saisissant avec extase la moitié de pamplemousse qu'on leur donne en entrée : « tu en as, de la chance, de manger au quotidien la production du lycée même ! Tout fait sur place ! Tu peux voir pousser, sous les fenêtres de ta salle de classe, ce que tu viendras manger ici le midi. Quel luxe... »


  • La Fourmi hausse un sourcil, et se tourne vers les fenêtres du réfectoire.
  • Quand on regarde au-dehors, on voit une pelouse. Des barrières en bois devant l'herbe. Des feuilles, des manuels étalés et mouillés par la rosée, des trousses agonisantes, d'innombrables avions de papier avec, parfois, une cocotte ou un bateau égarés sur le chemin. On ne distingue presque plus les cailloux de l'allée tant ils sont recouverts d'objets jetés par les fenêtres. Développement durable, protection de la nature, respect de l'environnement.
  • Derrière les barrières, des vaches.
  • Marguerite N°1, Marguerite N°2, Marguerite N°3, Marguerite N°4, Marguerite N°5... Marguerite N°65.
  • Elles broutent. De temps à autre, elles relèvent la tête, semblent nous regarder. Ponctuent d'un Meuh bien senti l'analyse d'un Descartes assez complexe.
  • La Fourmi se figure, l'espace d'un instant, l'émeute qu'on déclencherait assurément, en servant au self de la langue et du foie de Marguerite. Les élèves vêtus de noir, des fichus sur la tête, dans un assourdissant « youyou » de deuil et de désespoir ; les cuillers réquisitionnées pour taper sur des couvercles de poubelles ; la procession du hall au self, lente, au pas de foule, encadrant la dépouille ; les tracteurs en berne, les bras croisés en signe de boycott dans les ateliers, devant les moteurs, abandonnés aux profs en chômage technique ; les pneus hissés jusqu'aux cuisines mêmes afin d'y être brûlés...


  • Pendant que La Fourmi regarde par la fenêtre en imaginant ces funérailles bovines et les réactions en chaîne, la file de la cantine avance et ses collègues de l'autre lycée se retournent à nouveau pour lui confier :
  • «- Ce qui m'étonne, quand même, c'est que tes élèves ressemblent aux nôtres.
  • C'est vrai, ça : je ne les imaginais pas comme ça, les jeunes de lycée agricole. Celui-là, par exemple, qui nous a ouvert la porte : vachement poli ! Et déjà trois qui te demandent si c'est pour demain, la dissertation sur la poésie !? Je les voyais plus... euh...enfin...moins...»


  • La Fourmi soupire.

La fourmi

Aujourd'hui, La Fourmi peint

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La Fourmi est parmi vous. Elle donne, le jour, des cours en lycée agricole ; elle retranscrit, la nuit, ce qu'elle a observé la journée. La Fourmi, est-ce l'un de vos professeurs...? La Fourmi se glisse dans les couloirs et les salles de votre lycée, d'où elle vous observe grandir, apprendre, vous ennuyer, mûrir, attendre, vous émouvoir, découvrir, vous amuser, traîner des pieds, désirer, vivre, sur les montagnes russes de votre adolescence.

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  • Balzac faisait des descriptions de Paris qui ressemblaient à des peintures. La Fourmi, elle, dispose ses élèves en tableau.
  • La salle est d'un seyant saumon, lumineux.
  • On s'installe au milieu. On pousse les tables, les sacs à dos ; on jette les kleenex qui traînent. Celui qui joue le Roi ordonne à ses gardes de monter une chaise en formica en guise de trône. Les deux élèves s'exécutent. On ne dit pas non à Salomon. Il s'investit tant dans son rôle que même lorsqu'il monte sur la table de classe, beige à piliers scolaires, il semble hiératique. Les gestes des mains, avec les index vers le haut, vers le bas, le dos droit : il se rapproche le plus possible de ce que lui décrit un metteur en scène improvisé, le nez dans son manuel de philo.
  • « La ruse va-t-elle fonctionner pour connaître la vraie mère ? », s'interroge Salomon d'une voix claire. La Fourmi tape la réplique.
  • L'un des deux gardes sort son peigne noir. Il le passe langoureusement dans ses cheveux.
  • Salomon s'écrie : « à vous, les mères ! »
  • On ne dit pas non à Salomon. Deux filles entrent sur notre scène improvisée au centre de cette salle de classe rose saumon, pour se mettre en place. L'une d'entre elles chute : l'enfant mort qu'elle est censée porter sur ses genoux, trop lourd, la fait basculer en arrière. L’enfant et elle échangent leurs rôles.
  • « Je ne peux pas regarder ça ! », hurle l'Observatrice du Jugement de Salomon. La Fourmi tape. Bien penser leur demander de tout remettre en place avant de sortir, rumine-t-elle : ça ne fait pas sérieux, les chaises sur les tables et les bureaux en vrac dans un coin.
  • Le garde, indifférent, passe inlassablement son peigne noir dans ses cheveux.
  • « Je veux faire l'enfant aussi ! » réclame une voix. On en cherche donc un deuxième dans le tableau du XVIIème, qu'on trouve, dans un coin, en jaune poussin.
  • Positions.

  • Le premier garde se peigne ; l'autre baille.
  • Pendant ce temps, le barbu du fond philosophe : « cet homme est vraiment subtil. Par son action, il va amener la vérité ».
  • Il hésite : l'arrêt méditatif, avant ou après « subtil » ? La Fourmi, secrétaire, essaie les deux en alternant la ponctuation au rétro-projecteur. On se décide. C'est l'intonation qui fera ressortir l'adjectif que le Barbu du Fond est fier d'avoir trouvé.
  • La Fourmi aime quand ils osent.
  • On a encore deux gardes à placer, qui s’avancent l'un et l'autre. Justifiez votre désaccord. Si la conscience morale de l'un s'oppose au sens de l'obéissance de l'autre, profitons-en alors pour distinguer le légal et le légitime, risque la Fourmi qui n'en manque pas une pour essayer de glisser deux notions du programme. Certes, certes, font les deux gardes dont l'un recoiffe l'autre. On leur jette un poupon qu'on a déniché au fond d'une loge de théâtre. Le garde brandit son peigne... Arrêt sur image. "Celle-ci est la vraie mère. Et voici ma Justice."
Positions.

La Fourmi aime les musées.

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La fourmi Photo

Aujourd'hui, La Fourmi se met sur la photo

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La Fourmi est parmi vous. Elle donne, le jour, des cours en lycée agricole ; elle retranscrit,
la nuit, ce qu'elle a observé la journée. La Fourmi, est-ce l'un de vos professeurs...? La Fourmi se glisse dans les couloirs et les salles de votre lycée, d'où elle vous observe grandir, apprendre, vous ennuyer, mûrir, attendre, vous émouvoir, découvrir, vous amuser, traîner des pieds, désirer, vivre, sur les montagnes russes de votre adolescence.

  • Plutôt satisfaite de son envolée lyrique sur le lien entre musique et poésie, ce matin. Concentrée, réjouie, La Fourmi se hâte de pointer le doigt levé, qui va, c'est certain, livrer à l'ensemble du groupe une pensée profonde et des connaissances fondamentales. Seulement, c'est le Gardien du Temps qui a demandé la parole : « Madame ! Notre photo de classe est à 9h30 : c'est l'heure. » Le réel, le réel monotone et ritualisé, se rappelle à nous et nous rappelle à l'ordre...
  • Le couloir sent la peinture, le détergent, la poussière chaude. La Fourmi se dirige tout droit, au hasard, vers la sortie. On verra bien des bancs, une ardoise blanche avec l'année, le nom de la classe, et le photographe, derrière son trépied. « Ne bougez plus : souriez ! »
  • Il apparaît rapidement, à l'entrée de l'amphithéâtre, anxieux et débraillé, mal rasé, nous demandant si nous ne serions pas, enfin, la bac-proyeux qu'il attend depuis une demi-heure. « La bac pro quoi ? », s'étonne La Fourmi en annonçant son groupe de S enregistré à 9h30 sur le planning qu'il a sous les yeux. Mais la réponse ne plaît pas : le photographe hausse les épaules, bougonne, nous ordonne d'attendre.
  • Un groupe d'étudiants descend à la queue leu-leu, rangés par ordre alphabétique. La Fourmi en profite pour prendre des nouvelles de ceux qui sont partis, féliciter ceux qui ont réussi, encourager ceux qui persistent à rester au lycée. Elle patiente, le temps d'une trentaine de flashs, patiente, le temps que notre tour vienne, patiente, tandis que le Gardien du Bon Goût fait passer un peigne dans les rangs en intimant à chacun de bien se recoiffer.
  • La Gardienne du Troupeau, voisine du Gardien du Temps, un strapontin juste derrière le Gardien du Bon Goût, a déjà rangé ses congénères par ordre alphabétique. Cela devrait satisfaire le photographe, pense La Fourmi, qui le trouve bien nerveux de bon matin, elle plutôt assoupie, les bras ballants, dans l'allée, un peu bâillant, observatrice et se disant qu'elle doit tenir là, sûrement, le nouveau sujet de sa future chronique.
  • Les uns grimpent sur l'estrade d'une enjambée, s'assoient sur le tabouret posture rigide, le dos bien droit, sourient avec aisance, les pieds plantés dans le sol, respirant la jeunesse, le dynamisme et l'assurance ; les autres demandent trois fois de suite si c'est vraiment leur tour, reconnaissent à peine leur propre nom, trébuchent sur les marches, hésitent, rougissent, pâlissent, rougissent derechef, en danger de basculer du tabouret, ne sachant que faire de leurs lunettes, de leurs mains, d'eux-mêmes. Ils sursautent au moindre flash.
  • « Ne bougez plus, souriez ! »
    • Le photographe veut, dans le même mouvement, appeler le suivant, regarder sa liste d'élèves, chercher des yeux les bacs pros égarés, reculer... Il s'emmêle alors les jambes sur un câble, trébuche, perd l'équilibre, tente de se rattraper sur son trépied, mouline dans le vide, pour finir par s'écrouler dans une tonitruante injure, entraînant son appareil qui se fracasse dans un bruit de verre brisé.
    • Le Gardien des Choses se précipite pour ramasser l'objectif envolé : « Tenez, Monsieur... j'espère que ce n'est pas vraiment cassé. »


  • On tentera bien, une bonne dizaine de fois, en déplaçant les bancs, en avant, en arrière, dehors, devant les chaises, derrière, dessus, face soleil ou dos nuage... on tentera bien, une bonne vingtaine de fois, de la réussir, malgré tout, cette photo de groupe, cette photo sur laquelle LaFourmi? figurerait, tout sourire en bas à gauche, les paumes des mains sur les cuisses déposées − mais rien à faire. Le flash scintille et scintille encore dans le vide.
  • Ce n'est pas grave. La Fourmi console le Gardien de L'Image, atterré : « ce n'est pas grave. On écrira un texte ensemble, pour compenser la photo de classe ratée ».


  • La Fourmi garde et regarde, sur son bureau, un cadre vide, blanc, en se disant que, finalement, l'écrit est davantage fidèle à la vie.

La fourmi

Aujourd'hui, La Fourmi sent le temps passer

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La Fourmi est parmi vous. Elle donne, le jour, des cours en lycée agricole ; elle retranscrit, la nuit, ce qu'elle a observé la journée. La Fourmi, est-ce l'un de vos professeurs...?

La Fourmi se glisse dans les couloirs et les salles de votre lycée, d'où elle vous observe grandir, apprendre, vous ennuyer, mûrir, attendre, vous émouvoir, découvrir, vous amuser, traîner des pieds, désirer, vivre, sur les montagnes russes de votre adolescence. 

Aujourd'hui, La Fourmi sent le temps passer.

Les couloirs du lycée de La Fourmi rythment la semaine avec fiabilité.
Le lundi, on regarde où on marche. Les anses de sacs traînent en plein milieu, risquant d'entraîner nos pieds peu réveillés. Des amas de sacs, en majorité bleu marine, entassés, remplis de linge propre, repassé.
Le mardi, journée marathon. Tout le monde court, ici, le mardi : élèves, professeurs, étudiants, secrétaires, tracteurs, tout le monde s'active, s'agite, s'énergise et s'électrise. Le chien du vacher, dans l'exploitation, aboie à qui mieux mieux. On apprend, on reprend, on s'oppose et on compose.
De temps à autre, certains s'arrêtent pour s'enlacer.
Le mercredi midi, c'est rugby. On emballe quelques bras dans des plâtres, quelques pieds aussi. On est assez fier, avouez, d'un nez ou d'une côte écrasés, avec virilité, pour la bonne cause : la défense de la réputation du lycée sur pelouse étrangère. Des groupes entrent et s'arrêtent, parcourent avec tranquillité les couloirs vidés. Le mercredi, c'est jour de sortie. On revient avec des sachets de bonbons entassés sous le bras en cherchant à cacher, à grand peine, deux bouteilles d'alcool...
Certains passent voir La Fourmi dans la salle de tutorat, aide au devoirs, salon de thé, cellule psychologique et soutien méthodologique, parfois tout simplement pour avoir accès aux ordinateurs un peu moins surveillés. Le mercredi, on ralentit.
Le jeudi, c'est frénésie. On s'oppose, on fatigue, on s'interpose, on apprend, on compatit. L'infirmerie des bras plâtrés ne désemplit pas. Pourrais-je avoir une aspirine, un pansement, quelques mouvements de yoga, un peu d'écoute, un yaourt...?
Le vendredi, on regarde où on marche. Des anses de sacs dépassent de tous les coins des murs et des casiers, derrière les double-portes bleues de protection incendie, devant les lignes rouges, les panneaux verts, lignes vertes et panneaux rouges dont personne n'a jamais su, ou retenu, l'exacte signification. On déborde de partout, on empiète, au-delà de toutes limites, on laisse traîner, on dérive, on dérape, on se cherche et s'exaspère. Une odeur de sueur se dégage des sacs mal fermés, une odeur de pieds, de vaches marinées, une odeur assortie au bruit. Le vendredi, c'est cris.
A 18 heures, on a quitté le pont. Les lumières s'éteignent d'un coup. Il fait noir, il fait vide, elle est seule.
La Fourmi aimerait tant que le temps écoulé ne soit pas forcément du temps perdu.

La fourmi

Aujourd'hui, La Fourmi sourit.

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La Fourmi est parmi vous. Elle donne, le jour, des cours en lycée agricole ; elle retranscrit, la nuit, ce qu'elle a observé la journée. La Fourmi, est-ce l'un de vos professeurs...? La Fourmi se glisse dans les couloirs et les salles de votre lycée, d'où elle vous observe grandir, apprendre, vous ennuyer, mûrir, attendre, vous émouvoir, découvrir, vous amuser, traîner des pieds, désirer, vivre, sur les montagnes russes de votre adolescence.

Quand vient la rentrée des secondes, le lycée se métamorphose en ruche, hall de gare et manifestation de syndicat agricole. Des nuées de parents égarés, encadrant des adolescents engoncés dans des chemises neuves bien repassées, qu'ils tirent, froissent, tournent nerveusement autour de l'index, s'immobilisent dans un effort d'attention soutenue quand La Fourmi se poste en haut de l'escalier et annonce l'appel des Secondes Professionnelles Productions Animales.

  • Elle s'est entraînée à épeler la liste de noms la veille, sérieuse, désireuse de laisser une bonne impression de départ. Il y a de grandes chances pour que, tout de suite après, en les précédant vers la salle de classe, elle trébuche dans l'escalier. Elle se rattrapera in extremis au bras d'un père galant, auquel elle adressera un sourire gêné, regardant alentour rapidement si elle n'a pas perdu en route l'intégralité de son autorité, prête, au cas où, à la récupérer d'un geste leste, sur le rebord d'une marche ou au bas de la rampe.

  • Ils sont venus en nombre, et ce sera encore la course aux chaises qui, ce jour-là, se dérobent adroitement ; ils sont venus avec toute la famille, les grands-parents, les frères, les sœurs, les voisins et le maire du village ; ils ont juste fait l’effort de laisser le chien, le cheval et l’escargot domestique attachés devant le perron du lycée.
  • Les retardataires écraseront sans le vouloir quelques coquilles et rougiront de confusion, fusillés du regard par les propriétaires des défunts escargots dressés en pure perte.

  • Les derniers restent debout, le silence s'installe, le diaporama de présentation de la formation se met en route, La Fourmi toussote, un portable sonne, un ado s'excuse à mi-voix...

Alors La Fourmi s'exclame, en ouvrant grand les bras, politique, emphatique et sincère à la fois :

Bienvenue !

La fourmi

Aujourd'hui, La Fourmi vous regarde philosopher

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La Fourmi est parmi vous. Elle donne, le jour, des cours en lycée agricole ; elle retranscrit, la nuit, ce qu'elle a observé la journée. La Fourmi, est-ce l'un de vos professeurs...? La Fourmi se glisse dans les couloirs et les salles de votre lycée, d'où elle vous observe grandir, apprendre, vous ennuyer, mûrir, attendre, vous émouvoir, découvrir, vous amuser, traîner des pieds, désirer, vivre, sur les montagnes russes de votre adolescence.

  • Le premier à s'avancer sur scène est Pythagore. C'est assez cohérent : inventeur du terme « philosophie », explique-t-il, le nez dans ses notes à grands carreaux, il est tout à fait logique qu'il soit le premier à entrer sur le plateau de l'amphithéâtre. Pythagore, les pieds bien plantés dans ses baskets à lacets défaits. Le foule des philosophes doit le rejoindre dès qu'il aura prononcé le mot « marche », ce terme qui, récite-t-il en imitant
  • La Fourmi, rapproche en grec les émotions des mouvements, « philo », aimer ou aller vers...
  • Pythagore soudain s'interrompt. Personne n'est parti au bon moment. « Hé, les gens, si vous me laissez seul en scène, ça va pas l'faire, hein, car j'ai plus rien à dire, j'me souviens plus de la suite ».
  • La Fourmi tique, forcément. Des siècles de pensées partis en fumée dans la désinvolture de Pythagore qui ne sait pas même nouer ses propres lacets.
  • « En marche ! », hurle le philosophe grec de peur de se faire lacérer par l'exaspération de La Fourmi ; « en marche ! », répète-t-il, vers les coulisses. Epicure, peu attentif, se chamaillant avec lui-même, Freud bâillant et Montaigne, frigorifiée, occupée à enfiler une petite laine, seul Socrate démarre au bon moment, talonné par Nietzsche.
  • Les autres courent les rejoindre en avant-scène.
  • Mais pourquoi donc Karl Marx, le nez caché par un keffieh rouge, a-t-il choisi une démarche vacillante, comme s'il avait bu ?«Hé, j'étais un philosophe drogué, bien sûr, M'dame ! », s'étonne Marx en sortant son nez du keffieh pour que La Fourmi perçoive bien la logique de sa justification : « c'est en tout cas ce qu'on m'en a dit. »
  • « Mais que reste-t-il de mes idées ? » enchaîne Socrate qui n'a pas envie de s'arrêter en pleine répétition.
  • Nietzsche sourit en se retournant sur Marx : « tu crois tout ce qu'on te dit, toi !? » Nietzsche a une jolie fossette sur la joue gauche, pense La Fourmi qui se retient de toutes ses pattes ; sur le bout des antennes, elle a un discours préfabriqué sur la nécessité de prendre ses distances avec les rumeurs, un discours destiné à Marx qu'elle trouve si naïf... Or elle saisit soudain l'association d'idées erronées qui a implosé au-dessus du keffieh : OK.
  • Je t'arrête tout de suite, Karl M. Quand tu écris « la religion est l'opium du peuple », c'est une métaphore.
  • « Que reste-t-il de mes idées ? », persiste Socrate qui continue à jouer.
  • Ils sont deux Epicures. Un grand et un petit. Deux clamant Carpe Diem de toute la force de leurs 17 ans.
  • La Fourmi les observe philosopher, s’approprier la pensée, jouer les philosophes du passé, incarner les idées, les inciter à dialoguer comme si elles venaient tout juste d'être formulées, faire surgir les penseurs du passé, les réinsérer dans notre vie même, les amener à agir de nouveau, à exister, à parler, sur une scène d'amphithéâtre un peu vieilli, d'amphithéâtre un peu gris, aux volets presque coincés, à la porte extérieure condamnée, une scène d'amphithéâtre de lycée agricole.
  • « Mais que reste-t-il... vraiment... de mes idées ? »
  • Socrate ? il reste de toi un personnage, dans une pièce de théâtre inventée, réalisée et montée par les Terminales S pour initier les Premières S à la philosophie : transmission.
  • La Fourmi aime les liens.

La fourmi

La Fourmi n'aime pas les dichotomies

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Autour d'elle, on se déchire. On se contre, on s'anti, on s'injurie sur pages Facebook ; on se chamaille, on se bassesse. Et La Fourmi se voit écartelée.

  • Elle n'en peut mais.

La Fourmi est parmi vous. Elle donne, le jour, des cours en lycée agricole ; elle retranscrit, la nuit, ce qu'elle a observé la journée. La Fourmi, est-ce l'un de vos professeurs...? La Fourmi se glisse dans les couloirs et les salles de votre lycée, d'où elle vous observe grandir, apprendre, vous ennuyer, mûrir, attendre, vous émouvoir, découvrir, vous amuser, traîner des pieds, désirer, vivre, sur les montagnes russes de votre adolescence. 

Aujourd'hui, La Fourmi n'aime pas les dichotomies.


  • Autour d'elle, on se déchire. On se contre, on s'anti, on s'injurie sur pages Facebook ; on se chamaille, on se bassesse. Et La Fourmi se voit écartelée.
  • Elle n'en peut mais.
  • En ce doux soir d'octobre, son élève Aurélien rectifie l'élastique de son nœud papillon, qu'il compare à celui de Malo. Très classes. Les deux. L'un est noir à pois, l'autre gris sobre. De la grande élégance.
  • « Alors là, M'dame, vous ne pouvez pas dire l'inverse : on n'a pas du tout du tout l'allure de bouseux, s'pas ?! »

  • Certes, médite La Fourmi : il faut s'inscrire dans une démarche de projet. Sinon, comment donner sens à ce qu'on fait et inciter les jeunes à se mettre en mouvement ?
  • Bien sûr aussi qu'il faut s'appuyer sur une solide culture, et développer la capacité d'écouter un cours magistral. Sinon, comment leur donner le goût de la rhétorique, du logos, des modèles de discours dont s'inspirer : comment acquérir la maîtrise des techniques du langage sans avoir de repères ?
  • Si on oblige La Fourmi à choisir un camp, à se faire pédagogue ou traditionnelle, défensive ou innovante, pédagogo ou réac, conservatrice ou réformiste, laxiste ou tisxal, prise de vertige, elle sentira virer au rouge ses pattes d'un sobre noir. Quand La Fourmi s'exaspère, elle se métamorphose en périlleux exemplaire d'une espèce non-encore repertoriée, à mi-chemin entre le lama et le homard ébouillanté.
  • Ne pas passer à proximité.
  • Elle veut juste, cette Fourmi qui transporte patiemment sa miette de mie, transmettre une culture encore et toujours vivante. Dynamique et vivifiante.
  • Alors, au-delà des clivages, clignant de l'antenne, détachée, sereine, elle emmène, en ce doux soir d'octobre 2016, sa classe à l'opéra.

  • «Figaaaaaaroooooo... » chante La Fourmi suffisamment fort pour couvrir tous les Manichéistes de la Terre Scolaire.

La fourmi

Quand l'élève est prof

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Une enseignante en formation à SupAgro Florac nous raconte ce qu'elle ressent en tant qu'"élève".

La Fourmi est parmi vous. Elle donne, le jour, des cours en lycée agricole ; elle retranscrit, la nuit, ce qu'elle a observé la journée. La Fourmi, est-ce l'un de vos professeurs...? La Fourmi se glisse dans les couloirs et les salles de votre lycée, d'où elle vous observe grandir, apprendre, vous ennuyer, mûrir, attendre, vous émouvoir, découvrir, vous amuser, traîner des pieds, désirer, vivre, sur les montagnes russes de votre adolescence.

  • Je les sens qui frétillent, pas aussi tranquilles que moi, pas aussi sereines, heureuses d'apprendre ; elles, elles seraient plutôt nerveuses et trépidantes. Je décroise les jambes. J'ai si peu à faire, me semble-t-il : prendre des notes, regarder, écouter. C'est apaisant. Je pourrais même tenter l'écoute flottante, si je le voulais, mais la petite voix en moi qui n'a pas eu de formation continue depuis des années m'intime l'ordre de ne pas céder à la passivité : « hé, psst, toi, là », fait-elle avec autorité. « Tu as traversé la France pour venir chercher des idées et des réponses à tes questions insolubles : tu es donc priée de ne pas te contenter d'une spécialité à la châtaigne pour seul souvenir.»
  • L'estime de soi. On est bien, ici. Je croise les jambes dans l'autre sens. Il fait frais, mais on est bien.
  • C'est un schéma, sur le diaporama. Je réalise soudain que j'ai oublié ma montre et qu'elles sont toujours là, autour de ma cheville gauche. Rester concentrée. Attentive au schéma ; j'ai un peu de mal, en général, avec le côté schématisant, résumé, réducteur, des flèches et des carrés émaillés de smileys. Je préfère les nuances, les petites notes en bas de pages, les phrases à rallonge, les exceptions, les énumérations, les commentaires de parenthèses en parenthèses, les adjectifs enlacés les uns aux autres, les points de vue contradictoires que l'on doit chercher à tout prix à rendre complémentaires...
  • Il fait froid, je n'ai pas l'heure, je suis bien, j'entends des idées qui me plaisent et correspondent à l'image que je me fais de notre métier. On construit sûrement l'estime de soi des élèves en favorisant celle de leurs professeurs.
  • Elles circulent à présent dans les mollets et je secoue les orteils en vain pour les en chasser. Discrètement. Je ne veux pas me faire remarquer, dès le premier jour de stage. Je pose les pieds au sol, bien plantés. Si elles pouvaient en profiter pour aller voir ailleurs si ma peau s'y trouve, je ne dis pas non. Je ne les laisserai pas... aïe ! les voilà déjà trépignant tout autour de mon genou...
  • Je penche la tête sur le côté car la diapo suivante est projetée de travers. Il me faut repartir d'ici munie de nouveaux outils pour sortir mes élèves de leur passivité, inaction, inertie. Je me redresse soudain quand cette gradation d'impuissance me traverse l'esprit : ne pas donner, à mon tour, cette désagréable sensation de l'élève qui épouse la forme de la table pour signaler qu'il aimerait être partout ailleurs, présent sur toute la surface de la terre, sauf ici, justement, dans la salle de classe qui l'éteint. Soyons solidaire de la formatrice, donnons-lui ce que nous aimons quand nous enseignons : nous faire porter par l'attention de l'auditoire. J'acquiesce exagérément, je souris de toutes mes dents, j'écarquille les yeux, je fais voui voui en boucle, les coins des lèvres à la limite du cuir chevelu ; avant de changer d'avis car mon exagération risque d'être interprétée comme de l'ironie déplacée. Je reprends alors ma tête quotidienne, vite interrompue par une invasion en bas des cuisses.
  • Qu'est-ce qui différencie un prof-élève d'un élève pas encore prof ?
  • L'élève qui a connu l'autre côté du bureau se met à tout analyser : la démarche pédagogique qui lui est proposée, les sources des documents, sa propre écoute, sa place dans le groupe, ses envies de bavardages, sa participation et ses possibles conséquences, constructives ou pas. Et il doit se lever soudain, nerveusement, envahi de fourmis dans la jambe gauche. Je bondis pour m'en débarrasser.

Aline GATIER, professeur de français-philosophie, LEGTA du Mans.

La fourmi
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